Déclaration de la Ligue Panafricaine – UMOJA (LPU) suite à l’élection de Mme Nkosazana Dlamini-Zuma à la tête de la Commission de l’Union Africaine (U.A.).


Ce dimanche 15 juillet 2012 est une date historique pour notre continent. En effet, après plusieurs mois de blocage, plusieurs atermoiements, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Mme Nkosazana Dlamini-Zuma a été élue au 4e tour de scrutin, avec 37 suffrages en sa faveur à la tête de la Commission de l’Union africaine.
La Commission de l’U.A. était dirigée depuis le 29 avril 2008 par Jean Ping, dont le mandat était arrivé à expiration. De 2008 à ce jour, il s’est passé des événements notables sur notre continent, qui ne manque pas de conflits, loin s’en faut. Les deux événements les plus importants qui ont eu lieu sous la présidence de Jean Ping sont sans conteste la crise postélectorale ivoirienne et l’invasion de la Libye. Ces deux événements ont connu leur point d’orgue avec la déportation du président ivoirien Laurent Gbagbo et l’assassinat du guide libyen Mouammar Kadhafi. Situations que la Ligue Panafricaine – UMOJA (LP-U) a vivement condamné lorsqu’elles se sont produites.
Depuis le retrait officiel des colons occidentaux de notre continent, jamais ils n’avaient osé franchir ainsi le rubicond, en envoyant des troupes bombarder et massacrer les populations africaines et combles de notre impuissance, sous le regard complaisant de l’U.A. symbolisée par Jean Ping et certains chefs d’État de notre continent qui se sont montrés complices de ces situations graves et humiliantes.
Il est aisé de conclure que le bilan de Jean Ping est globalement médiocre (négatif) au regard des crises survenues sous son mandat.
La Ligue Panafricaine – UMOJA a constaté que lorsqu’il s’est agi d’élire le nouveau président de la Commission de l’U.A., les Africains se sont encore une fois – une fois de trop, hélas ! – entre francophones et anglophones. Les premiers soutenant systématiquement le candidat gabonais (Ping) et les seconds se mettant en rangs serrés derrière la représentante sud-africaine (Dlamini-Zuma). Et naturellement, derrière cette apparente opposition « linguistique », comme chacun peut l’imaginer, d’aucuns défendaient la zone d’influence contrôlée par l’ex-puissance colonisatrice, perpétuant ainsi l’œuvre traîtrise des intérêts africains.
La Ligue Panafricaine – UMOJA rappelle à tous les dirigeants africains en particulier et à tous les Africains en général que nos barrières linguistiques héritées de la colonisation ne devraient plus constituer des fils de barbelés nous rangeant dans un camp ou dans un autre, sans la moindre considération pour nos intérêts communs qui sont la défense de notre continent, le bien-être de nos populations, la fin des conflits armés et autres soubresauts qui secouent sans cesse nos trente millions de kilomètres carrés. Les enjeux sont tellement importants que le temps que nous passons sans cesse à nous déchirer entre pseudo-anglophones et pseudo-francophones est autant de temps que nous ne passons pas à parer au plus urgent.
La Ligue Panafricaine – UMOJA, tout en saluant l’élection de Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, espère que c’est une nouvelle ère qui va s’ouvrir pour la Commission de l’U.A. car, au regard des crises qui ont précédemment secoué le continent et dont certaines sont encore vivaces, la diplomatie sud-africaine s’est souvent distinguée de la plupart de celles du reste du continent par des prises de position se rapprochant plus de la défense des intérêts africains, plutôt que de jouer le rôle de supplétifs de l’Occident dans son travail de recolonisation de l’Afrique. Il suffit de voir comment l’Afrique du Sud n’a jamais cédé aux injonctions européennes, concernant le dossier zimbabwéen, au cours duquel le président Robert Mugabe n’a jamais été lâché alors que l’Occident ne cessait de prendre fait et cause pour son opposition, pendant que d’autres pays du continent étaient aux abonnés absents.
La LP-U est bien consciente que les enjeux sont immenses et qu’un mandat, un seul, ne suffira pas pour pacifier notre continent. Si l’actualité brûlante exige des solutions conjoncturelles, que l’on ne s’y méprenne pas, les solutions durables aux problèmes qui assaillent l’Afrique, demeurent structurelles. C’est pourquoi il est temps que l’U.A. propose un agenda concret, réaliste et une démarche méthodologique afin de basculer définitivement l’Afrique vers son destin historique :
  • État fédéral,
  • Monnaie commune,
  • Défense commune,
  • Intégration de la diaspora historique africaine (Amériques, Caraïbes)…
La démarche globalisante a montré ses limites, il est temps de permettre aux États africains prêts à l’abandon de souveraineté et respectueux des intérêts supérieurs de leur Peuple, de constituer le premier stade de la construction de l’État fédéral, car les temps pressent.
Aussi, ce n’est pas un chèque en blanc que nous signons à l’adresse de la nouvelle présidente de la Commission de l’U.A., mais nous sommes persuadés que c’est une tout autre empreinte que l’on verra, avec cette femme, militante de l’A.N.C. (Congrès National Africain), de longue date. Cette femme qui a connu l’exil du temps de l’apartheid, sait ce que lutter veut dire, elle connaît le combat pour l’émancipation du peuple africain. Membre de l’A.N.C. et travaillant comme pédiatre au Swaziland, la solidarité africaine, elle sait ce que c’est.
La Ligue Panafricaine – UMOJA souhaite bonne chance et plein succès à la nouvelle élue, en demandant à tous les panafricains et panafricanistes de se montrer solidaire d’elle, dans le travail titanesque qu’elle aura à accomplir.
Paris, le 17 juillet 2012
Le Bureau Exécutif
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